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Compétences numériques en entreprise : quelles priorités en 2026 ?

Pierre AMMELOOT

Pierre AMMELOOT

2 Nov 202610 min de lecture

Vous préparez votre plan de formation et les demandes s’accumulent : apprendre à utiliser l’IA, mieux exploiter les données, sécuriser les échanges, prendre en main les outils collaboratifs… Comment choisir les premières actions ?

En 2026, cinq familles de compétences numériques méritent d’être examinées : l’intelligence artificielle, les données, la cybersécurité, la collaboration numérique et l’automatisation. La priorité dépend ensuite des tâches, des risques et du niveau de chaque équipe.

Un commercial n’a pas besoin du même parcours qu’un développeur. Et une équipe qui peine à retrouver la bonne version d’un document gagnera parfois davantage à revoir ses pratiques de collaboration avant de construire un agent IA.

Voici comment définir un socle commun, choisir les approfondissements utiles et organiser un premier parcours de formation.

Quelles compétences numériques privilégier en entreprise en 2026 ?

Les compétences numériques désignent les connaissances, les méthodes et les savoir-faire qui permettent d’utiliser les outils et les données pour réaliser son travail de manière efficace, critique et sécurisée.

Elles dépassent la prise en main d’un logiciel. Savoir produire un graphique ne suffit pas à interpréter correctement un indicateur. Savoir demander une synthèse à une IA ne suffit pas à en vérifier le contenu.

Le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum place l’IA et les données massives, les réseaux et la cybersécurité, ainsi que la culture technologique parmi les compétences dont l’importance devrait progresser le plus d’ici 2030. Il s’agit de perspectives mondiales exprimées par des employeurs, à traduire dans le contexte de chaque entreprise.

En France, le Baromètre France Num 2026, présenté par la Direction générale des Entreprises, indique que 40 % des TPE-PME utilisent des solutions d’IA. Ce chiffre concerne les TPE-PME ; il ne mesure ni le niveau de compétence de leurs salariés ni la situation des ETI et des grandes entreprises.

Pour construire votre plan, distinguez deux niveaux :

  • Un socle commun, adapté aux postes : gérer ses accès, partager un document, comprendre les règles d’utilisation des données et vérifier une information.
  • Des approfondissements par métier : analyser un portefeuille commercial, automatiser un reporting, produire des contenus ou fiabiliser un développement logiciel.

Avant de lancer un parcours avancé, vérifiez les prérequis. Une difficulté à organiser ses fichiers ou à manipuler un tableur mérite un accompagnement à part entière.

Que doivent savoir faire vos collaborateurs dans chaque domaine ?

IA générative : formuler une demande et vérifier le résultat

Une compétence utile en IA commence par la capacité à choisir une tâche adaptée, puis à expliquer le résultat attendu : contexte, documents de référence, destinataire et critères de qualité.

Le collaborateur doit aussi savoir reconnaître une réponse insuffisante, repérer une information non étayée et revenir aux documents sources. Les règles internes doivent lui permettre de déterminer quels outils et quelles données il peut utiliser.

Exercice possible : produire une synthèse à partir de documents autorisés, puis vérifier chaque conclusion et signaler les informations manquantes.

Le résultat attendu est une synthèse exploitable et contrôlée. La fluidité du texte, à elle seule, ne permet pas de juger sa fiabilité.

Pour les managers, l’approfondissement porte aussi sur le choix des usages, les règles de validation et l’évaluation des résultats.

Données : fiabiliser un fichier et interpréter un indicateur

Pour beaucoup d’équipes, le premier besoin consiste à mieux exploiter les données déjà présentes dans les tableurs, le CRM ou les outils de gestion.

Cela suppose de savoir identifier des doublons, repérer des valeurs manquantes, comprendre une formule et expliquer le périmètre d’un indicateur. Deux services peuvent afficher des chiffres différents parce qu’ils ne comptent pas la même chose.

Exercice possible : partir d’un export commercial anonymisé, corriger les incohérences et construire un indicateur dont le calcul peut être expliqué à un collègue.

Le niveau technique dépend du poste. Un manager peut avoir besoin de lire et de questionner un tableau de bord ; un analyste devra également savoir le construire et le maintenir.

Cybersécurité : protéger ses accès et savoir alerter

La cybersécurité comporte un socle utile à l’ensemble des collaborateurs : reconnaître une demande suspecte, utiliser les moyens d’authentification prévus par l’entreprise et connaître le circuit de signalement.

Les recommandations de l’ANSSI sur l’authentification rappellent que les protections doivent être adaptées au contexte et aux risques. Son guide d’hygiène informatique inscrit la formation et la sensibilisation dans une démarche plus large de sécurisation du système d’information.

Exercice possible : examiner une demande inhabituelle de partage de document, choisir comment en vérifier l’origine et identifier la personne à prévenir.

Pour les équipes techniques, les objectifs seront plus spécialisés. Une sensibilisation générale ne remplace pas une formation à l’administration sécurisée ou à la gestion d’incident. Elle ne remplace pas non plus les protections techniques et les procédures de l’entreprise.

Collaboration numérique : organiser les documents et maîtriser leur partage

Un outil collaboratif apporte peu si chaque équipe conserve ses propres règles de classement et ses copies locales.

Les compétences utiles portent sur la recherche d’information, la gestion des versions, les droits d’accès et le choix du canal de communication. Elles supposent aussi des décisions collectives : où se trouve le document de référence ? Qui le met à jour ? Quand faut-il retirer un accès ?

Exercice possible : organiser l’espace documentaire d’un projet, attribuer les droits adaptés et retrouver une version antérieure d’un document.

Si personne n’a défini les règles de fonctionnement, la formation doit s’accompagner d’un travail d’organisation. Les collaborateurs ont besoin de savoir quelle pratique appliquer ensemble.

Automatisation : décrire un processus et contrôler son fonctionnement

Avant de connecter deux applications, il faut comprendre le processus : ce qui le déclenche, les informations nécessaires, les actions attendues et les exceptions.

Les compétences à développer comprennent l’identification des tâches répétitives, la construction d’un workflow simple et le contrôle de ses exécutions. Une automatisation doit avoir un responsable capable de repérer un échec et d’intervenir.

Exercice possible : transmettre une demande issue d’un formulaire vers un outil de suivi, puis tester le comportement lorsque des informations manquent.

Un premier workflow peut être construit pendant une formation. Sa mise en production demande ensuite des vérifications adaptées aux données, aux accès et aux conséquences des actions réalisées.

Quelles compétences développer selon les métiers ?

La matrice suivante propose des points de départ. Pour chaque équipe, confrontez-les aux tâches réellement réalisées et au niveau de départ.

Équipe ou fonctionCompétences à examiner en prioritéNiveau et résultat attendus
Direction et managersCulture IA, lecture des données, risques numériquesChoisir un usage pertinent, questionner un indicateur et définir les validations nécessaires
RH et formationQualité des données, collaboration, usages de l’IAOrganiser un suivi fiable et préparer un contenu vérifié avec des données autorisées
Commercial et relation clientCRM, analyse des données, IA et automatisationFiabiliser les fiches, préparer un échange et suivre les demandes sans ressaisie inutile
Marketing et communicationIA, mesure des résultats, SEO/GEO selon les missionsVérifier un contenu, interpréter les résultats et adapter les pratiques de visibilité
Administration et financeTableurs, qualité des données, prévention des fraudesContrôler un fichier, expliquer un écart et appliquer une procédure de vérification
Équipes techniquesDéveloppement assisté par IA, intégration, sécurité et donnéesTester un livrable, contrôler les accès et maintenir les traitements mis en place

Dans cette matrice, le GEO désigne le travail de visibilité dans les réponses des moteurs génératifs. Il concerne certaines fonctions marketing ; il n’a pas vocation à devenir un prérequis pour tous les collaborateurs.

Pour préciser le niveau attendu, utilisez trois repères simples : comprendre, appliquer avec aide, réaliser en autonomie.

Par exemple, un responsable commercial peut devoir interpréter un tableau de bord en autonomie, tout en sollicitant un analyste pour modifier son modèle de données. La formation doit correspondre à cette responsabilité.

Comment choisir les premières formations à lancer ?

Commencez par une difficulté observable : un reporting corrigé chaque mois, une demande client perdue entre deux outils, un document sensible partagé trop largement.

Décrivez ensuite la capacité attendue après formation. « Se former à la data » reste trop vague. « Contrôler un export et expliquer les écarts avant le comité mensuel » permet de choisir un programme et un exercice d’évaluation.

Une grille pour arbitrer les priorités

Pour chaque besoin, renseignez ces quatre critères avec le manager concerné.

CritèreQuestion à poserConséquence sur la décision
RisqueUne erreur peut-elle exposer des données, interrompre une activité ou conduire à une mauvaise décision ?Un risque important appelle une réponse rapide, qui peut associer formation et mesures techniques ou organisationnelles
FréquenceÀ quelle fréquence la tâche est-elle réalisée, et par combien de personnes ?Un usage régulier donne davantage d’occasions d’appliquer et de consolider les acquis
Difficulté actuelleQuelles erreurs, reprises ou dépendances observe-t-on ?Une difficulté précise permet de définir un objectif et un point de comparaison
Conditions d’applicationLes outils, les accès, les données et le temps nécessaire sont-ils disponibles ?Préparer les conditions manquantes avant de programmer la formation

Cette grille ne produit pas un classement universel. Elle rend les arbitrages explicites.

Exemple illustratif : une équipe souhaite automatiser son reporting, mais les services utilisent des définitions différentes du chiffre d’affaires. Il faut d’abord s’accorder sur l’indicateur et fiabiliser les données. L’automatisation pourra ensuite s’appuyer sur une règle partagée.

Vérifier que la formation répond au problème

Avant de retenir un programme, regardez les prérequis, les exercices et le niveau visé. Demandez ce que les participants réaliseront eux-mêmes et comment leur capacité à le refaire sera évaluée.

Le format compte également. Une session interentreprises permet de former quelques collaborateurs sur un besoin partagé avec d’autres organisations. Un format intra peut être pertinent lorsqu’une équipe doit travailler sur les mêmes pratiques ou un contexte commun.

Enfin, distinguez les besoins de formation des autres blocages. Si les droits d’accès empêchent une tâche ou si un processus n’a aucun responsable, un apprentissage supplémentaire ne suffira pas à résoudre la difficulté.

Comment construire un premier parcours sur 90 jours ?

Voici une trame indicative, à adapter aux disponibilités, au niveau initial et à la complexité des usages. Elle permet aussi de préparer les premières actions du plan de formation 2027.

Jours 1 à 15 : observer et choisir un objectif

Demandez à un petit groupe de réaliser une tâche représentative avec les outils autorisés. Observez les difficultés, les erreurs et les aides nécessaires.

Retenez un objectif précis avec le manager : produire un reporting vérifié, partager correctement les documents d’un projet ou préparer une synthèse contrôlée.

Conservez un exemple de départ pour pouvoir comparer les résultats après formation.

Jours 16 à 30 : former un groupe pilote

Réunissez des participants dont les besoins et les prérequis sont compatibles. Prévoyez les comptes, les licences et des données adaptées aux exercices.

Pendant la formation, faites pratiquer la tâche ciblée, y compris les situations où le résultat est incomplet ou incorrect. Les participants doivent comprendre comment corriger leur travail.

Jours 31 à 60 : appliquer les acquis au travail

Réservez des occasions de refaire la tâche dans les conditions habituelles. Prévoyez un interlocuteur pour les questions et un point avec le manager.

Un collaborateur qui n’a ni accès à l’outil ni temps pour l’utiliser pourra difficilement consolider ses acquis.

Jours 61 à 90 : évaluer et ajuster

Reprenez une tâche comparable à celle du départ. Examinez la qualité du résultat, l’autonomie, les corrections nécessaires et les difficultés restantes.

La satisfaction après formation est utile, mais elle renseigne peu, à elle seule, sur la capacité à refaire le travail.

Avant d’étendre le parcours, vérifiez que l’usage répond au besoin. Le bilan peut conduire à poursuivre, à revoir un prérequis ou à corriger un problème d’organisation.

Comment Trained People peut accompagner vos équipes ?

Chez Trained People, nous partons de ce que vos collaborateurs doivent être capables de faire dans leur travail.

Nos formateurs pratiquent réellement le métier qu’ils enseignent. Nous les sélectionnons également pour leur capacité à expliquer, à faire pratiquer et à accompagner les questions des participants.

Lorsque le sujet le permet, au moins la moitié de la formation est consacrée à la mise en pratique. Cette exigence doit se voir dans le programme : un fichier à analyser, une méthode à appliquer, un workflow à tester ou un livrable à vérifier.

Pour préparer votre besoin, trois informations sont particulièrement utiles :

  • la situation professionnelle que vous souhaitez améliorer ;
  • les personnes concernées et leur niveau actuel ;
  • les outils et les contraintes dans lesquels elles travaillent.

À partir de ces éléments, nous pouvons échanger sur les objectifs et le format adaptés à votre équipe.

Vous préparez votre plan de formation numérique ? Échangeons sur les compétences à développer et les premières actions à engager.

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